- "Elle est perturbée"
- "Tu parles, elle est folle, complètement
tarée la pauvre fille"
- "Arrêtes, elle pourrait
t'entendre!"
Exact, je pourrais l'entendre. Mais cette
infirmière n'était pas si stupide, j'étais folle. Perdue dans les
méandres de mon esprit, je ne parlais plus à personne. Je
réfléchissais à ce que j'allais devenir. Les personnes comme moi
ayant remarqué que ce monde était rempli de cons, de monstres, et
que nous étions prédestinés à vivre éternellement avec le même
degrès d'imbécilité, et d'innocence étaient rares, ou bien ils le
cachaient, cachaient qu'ils savent... Cette stupide innocence, une
fois partie nous fait devenir fou. Mais parfois certaines personnes
persistent à croire que ce monde peut devenir "bon". Baliverne...
Ce monde est et restera un déchet, nous sommes maudits, une vie
maudite pour des démons que nous sommes, incapables de ne pas
salir la planète de meurtres, de viols, et de haines.
Nous sommes des déchets, et nous en étions tous responsables.
J'étais lasse. Trop lasse...
- "Alors Cally, comment vas-tu aujourd'hui
?"
Oh non, cet imbécile de docteur. Toujours
à sourire comme un idiot celui-là, toujours cette stupide joie de
vivre, il doit voir des morts souvent pourtant, et non il continue
à croire le monde magnifique, il voit la vie comme un chance,
quelle chance, vivre pour souffrir... Une semaine à rester
cloîtrer dans cette chambre moisie puant le propre et le médicament
m'a rapidement appris à observer les gens. L'infirmière n'aime pas
son travail, elle ne fait que souffler et râler. L'assistant du
médecin adore son nouveau boulot, il en est raide dingue, et
travaille jusque minuit à l'hôpital. D'ailleurs sa femme n'est pas
ravie de sa "trouvaille". J'écoute, je ne suis qu'une ombre. Le
fait de ne pas parler me fait oublier des autres jusqu'à qu'ils se
retrouvent seuls avec leurs propres pensées, alors ils se livrent à
leurs personnalités en m'oubliant complètement. Je les manipule
grâce à ma bouille sage, et mon air absent.
- "Bon je prends ça pour un
oui"
Ouai ouai c'est ça imbécile. Et si tu
pouvais partir aussi tant que tu y es.
- "J'ai rendez-vous avec ta maman, on va
discuter dans le bureau à côté une heure environ et après elle
viendra te voir comme d'habitude. Tu seras seule juste un petit
instant."
Mais je suis toujours seule, avais-je
envie de lui répondre. Mais je me retins, je ne fis que garder mes
yeux fixées au mur en face de moi. Son ton paternel me donnait envi
de vomir. Mon père avait perdu tout le respect que je lui devais et
rien qu'entendre ce ton me refit penser à lui et à sa lâcheté, il
nous abandonna moi et ma mère pour une pute. Ce n'était qu'une
ordure. Ma mère a une excuse, elle est naïve, complètement
innocente, et même après un événement tragique comme celui-ci je
reste persuadée qu'elle continue à croire que le monde est beau.
Quand on y pense, la folle ce n'est pas moi, mais les personnes
croyant à ces bêtises.
- "Votre fille est perturbée"
Tient, on les entend d'ici. « Perturbée ».
C'est une façon polie de dire que j'étais folle. Mais ma mère se
laissait bernée facilement, le médecin n'aura pas à
s'expliquer.
- "Quand va t'elle aller mieux
?"
- "Oh, cela dépend du temps d'adaptation
de l'enfant. Je dirais qu'il lui faut au moins trois mois, sachant
qu'elle ne parle toujours pas."
- "Et quand elle parlera, elle pourra
rentrer chez nous ?"
- "Oui biensur. Cela voudra dire qu'elle
va mieux, elle suivra seulement tous les jours un psychologue
jusqu'à ce qu'il juge qu'elle va vraiment mieux."
Parler? Il suffisait que je parle? Très
bien j'allais parler, si cela me permettait de sortir de cette
prison. « Perturbée ». Cela me faisait encore rire. Je voyais
toutes les nuits le visage torturé de ma meilleure amie, mais
j'étais seulement en état de choc et « perturbée ». Cela prouve que
les médecins ne savent rien de l'état de leurs patients.
Ma mère revint rapidement dans ma
chambre.
- "Bonjour ma chérie! Comment te sens-tu
?"
- "Mieux."
- "Oh!"
- "Quoi?"
- "Tu, tu, tu... parles?"
- "Oui."
- "C'est merveilleux! Le médecin a dit que
si tu parlais ça voudrait dire que tu irais mieux!"
Elle me sauta au cou. Ma mère était
tellement naïve, beaucoup trop naïve.
- "Cela veut dire que je vais pouvoir
rentrer à la maison?"
- "Biensur, dans un ou deux
jours."
- "Chouette."
Le médecin entra.
- "Elle m'a parlé, elle m'a
parlé!"
- "Ah oui?"
- "Ouii"
Le ton de ma mère était tellement enjoué
que je vis le médecin fondre sur place. Ma mère était belle, très
belle. Sa peau laiteuse, comme du porcelaine encadrée par de
longues boucles blondes, et ses jolies yeux bleus lui donnaient une
figure angélique. Toujours souriante et heureuse, même après le
départ de mon père pouvait faire penser que c'était une femme
forte. Mais sa naïveté et son innocence venaient gâcher le tableau
de la femme forte qu'on se faisait d'elle. Sa timidité la rendait
touchante, et sa silhouette fine sans pour autant être maigre
faisait retourner bon nombres d'hommes. Tout mon physique héritait
de ma mère. J'étais donc jolie, blonde aux yeux bleus, je m'étais
tout de même coupée les cheveux en un carré soutenu et mes yeux
étaient encadrés par une frange épaisse. Moins souriante que ma
mère, mes yeux abritaient selon les dires de mes proches une lueur
malicieuse et intelligente. Ma silhouette était fine et gracieuse.
Cependant, mon caractère borné et têtu venait tout droit de mon
père. Ce qui me rendait moins niaise que ma mère.
- "Oui biensur elle pourra partir dès
demain."
Perdue dans mes pensées j'en avais oublié
la conversation.
- "Tu entends ça ma chérie, demain tu
rentres à la maison."
- "Oui j'ai entendu. Merci
docteur."
- "Bon, Madame Robbins, votre fille a
maintenant besoin de repos. Il est tard et demain elle devra
préparer ses affaires pour rentrer chez elle."
- "Bonne nuit chérie, je
t'aime."
Pour lui faire plaisir je répondis un
rapide "Moi aussi M'man"
Une fois la porte fermée, je m'enroulais
dans mes couvertures, et fermais les yeux. Doucement, j'entendis la
mélodie que Will Sweety chantait en découpant Mathilde, et revis
les images de cette scène. Malgré moi, les larmes jaillirent et je
m'endormis sous ses notes sinistres, le goût amer des larmes coincé
dans ma gorge.
______________________
Bon voilà, j'ai finis. A 1h00 du matin.
C'est que j'avais envi de la faire avant de partir à Paris et
maintenant je vais être crevée pour demain -__-'
Mais bon au moins je suis satisfaite.
Alors ? Vos impressions ?
Un peu déprimante notre petite Cally. Mais
bon je l'adore, elle, et sa mauvaise humeur. Ainsi que sa mère,
tellement adorable avec sa naïveté
Suite pour après les vacances. Bisous à
tous.
Je signe Lucette, même si ça fait ridicule
mais j'ai pas d'autre surnom à part chouchou ou chichi alors je
sais pas lequel des trois est le mieux XD.
PS : Je mettrais une image et changerai le
décor au retour de mes vacances. Ce soir j'suis trop crevée pour le
faire...